Julien Mauve
Il Miracolo
Julien Mauve
vue d'exposition. Photo : Alexandre wallon
Il Miracolo
Julien Mauve
vue d'exposition. Photo : Alexandre wallon
Il Miracolo
Julien Mauve
vue d'exposition. Photo : Alexandre wallon
Il Miracolo
Julien Mauve
vue d'exposition. Photo : Alexandre wallonPour sa troisième exposition personnelle à la galerie, Julien Mauve propose une nouvelle interprétation d’un thème récurrent qu’on pourrait intituler « Le monde après nous ». Il Miracolo (I), réalisé à Naples, et Il Miracolo (II), à Venise, célèbrent le feu et l’eau, éléments constitutifs de l’Univers, tout en confrontant l’existence à sa menace : le Vésuve, à Naples, et l’enlisement de Venise, à travers le changement climatique.
À Naples, Mauve inscrit une première étape de son enquête au cœur de la baie, lieu d’un développement urbain incontrôlé autour du volcan. L’inquiétude des éruptions y est constamment tempérée par la fertilité des sols, la vitalité culturelle et la force religieuse. Par des séjours répétés, il approfondit une expérience visuelle et sensorielle et mène une étude anthropique photographique : le souffle silencieux du volcan devient un point de départ. Il observe la nature et la ville, mesure les mouvements grâce aux capteurs de l’observatoire, et compose le portrait collectif d’une société capable de survivre coûte que coûte à la puissance d’un géant fertile, qui peut devenir dieu impitoyable.
La science ne pouvant prévoir, la foi supplée : c’est le miracle annuel du sang liquéfié de « Saint Janvier », décrit dès 1799 par le général Thiébault comme moyen d’exorciser la peur face à la finitude humaine et à l’immensité naturelle.
À Venise, Mauve inverse la perspective : le changement climatique s’y lit dans la montée des eaux, menace pour un équilibre fragile. La ville, contrairement à la Vénus de l’iconographie classique, ne pourra pas ressurgir. Les œuvres, grâce à un protocole d’abstraction permettant de photographier à travers un aquarium portatif rempli d’eau teintée, projettent le regard hors du temps. Elles agissent comme des antidotes au déclin décrit ailleurs, atmosphère étouffante, retraite des hommes, ruines silencieuses. Seules demeurent les traces des portes et fenêtres closes, des magasins endormis sous les arcades.