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Jean-Vincent Simonet

11/09/2023 - 11/12/2023
A PPR OC HE

À l’occasion d’Approche 2023, la galerie Intervalle présente sa première collaboration avec Jean-Vincent Simonet, un artiste formé à l’ECAL de Lausanne qui partage son temps entre Zurich, Bourgoin-Jallieu et Paris. Alors que l’agence Defrise, située à deux pas de son atelier parisien, reconstitue la réalité en créant des décors, Simonet adopte l’approche inverse : il déforme ce que l’image prétend montrer. Son sujet de prédilection est le « faux », compris comme une construction visuelle, un désir commercial et une simulation de la réalité — des couleurs synthétiques destinées à capter l’attention aux objets et motifs emblématiques des années 1960 : guirlandes lumineuses, fleurs décoratives en plastique, mouches de pêche, etc.


Son travail fait appel à une technique expérimentale mise au point à l’aide des presses d’imprimerie de l’usine familiale. Il décrit son procédé comme une « chambre noire inversée » : après l’impression, l’encre encore humide est rincée et frottée, à la manière d’une technique de peinture. En retirant certaines couches, il révèle une image déformée – telle une radiographie visuelle – dans laquelle les textures et les teintes sont altérées. La surface ainsi obtenue — lisse et imperméable après un séchage lent (parfois à l’air libre) — contraste avec la matérialité de la peinture, caractérisée par des zones épaissies.


Ainsi, les photographies de Simonet deviennent des œuvres uniques, très éloignées de toute logique de représentation fidèle ou de reproductibilité : elles ne « montrent » pas la réalité, mais révèlent plutôt ses mécanismes — et la fascination exercée par le simulacre.


Déclaration de l’artiste
Je travaille avec des images dont la vérité n’est pas prédéterminée. Je m’intéresse au « faux » car il révèle comment le regard se construit : à travers la couleur, la surface, les promesses publicitaires et la composition. Plutôt que de préserver les apparences, je souhaite en altérer les codes.


J’utilise le tirage comme matière première, puis j’interviens après l’impression — alors que l’encre est encore humide — comme pour transformer le pigment lui-même. Ce processus me permet d’enlever des couches, d’en faire remonter d’autres à la surface et de révéler une certaine ambiguïté : une image qui semble dévoiler quelque chose, sans pour autant reproduire la réalité telle qu’elle est.


Je recherche une photographie qui ne soit ni une preuve ni une reproduction. Une image qui conserve son opacité, résiste à une signification définitive et laisse au spectateur le temps d’y pénétrer.


More about the exhibition

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