Antony Cairns, Lucas Leffler, Marianne Maric

La galerie Intervalle participera en novembre pour la quatrième fois à Paris Photo, et pour la deuxième année consécutive dans le secteur principal. Elle occupera le même stand D19 qu'en 2024, sous la verrière du Grand Palais. La galerie présente trois artistes internationaux unis par un même désir : redonner à la photographie sa matérialité dans un monde dominé par l’image fluide et éphémère.
Lucas Leffler (Belgique, 1993), dont la galerie défend le travail dans les foires depuis 2020, présente trois sculptures photographiques inédites de la série Implosion et de nouveaux tirages à la boue argentifère issus de Zilverbeek, projet qui a propulsé sa carrière et révélé au monde des collectionneurs exigeants un artiste talentueux. Dans Zilverbeek, Leffler agit tel un alchimiste : il récolte la boue polluée d’un ruisseau près de l’usine Agfa-Gevaert, l’enrichit de ses particules d’argent et compose ses propres émulsions photosensibles. Avec Implosion, il détourne des iPhones usagés et y grave, par ambrotype, des images de l’implosion des usines Kodak à Rochester en 2007, année où Apple révolutionnait la photographie. L’iPhone devient support passif, offrant à Kodak une revanche symbolique sur Apple et célébrant la résistance poétique de l’argentique.
Antony Cairns (Royaume-Uni, 1980), artiste avec lequel la galerie collabore de longue date, présentera des tirages argentiques inédits issus de collotypes réalisés à l’atelier Benrido (Kyoto) il y a dix ans, ainsi que des Punch Cards jamais montrées à Paris. Exposé notamment à la MEP et au Victoria & Albert Museum, Cairns capture la lumière nocturne des métropoles et imprime ses négatifs inversés sur des supports obsolètes, des cartes IBM, lecteurs e-ink, films argentiques sur aluminium où procédés anciens et technologies désuètes fusionnent dans une vision futuriste.
Marianne Maric (France, 1982), avec qui la galerie entame avec enthousiasme une nouvelle collaboration, engage un dialogue subversif entre le corps féminin et l’histoire de l’art. Réalisées en photographie argentique, ses œuvres confrontent la froideur du marbre à la chair vibrante de modèles féminins qui incarnent à la fois leur singularité et des figures classiques détournées. Vénus, Vierges allaitantes, Madones : autant d’icônes qu’elle désacralise pour leur rendre puissance, souveraineté et humour. Déjà remarquée au Grand Palais par les collectionneurs de Paris Photo il y a quelques années, elle revient aujourd’hui avec Intervalle dans un esprit de liberté retrouvée.