12.11.2026 - 15.11.2026
Paris Photo 2026
Stand D 19, secteur principal
Après six années de collaboration avec la galerie Intervalle, qui a cru en son travail dès l'origine, Lucas Leffler présente son premier solo show dans le secteur principal de Paris Photo. Ses œuvres figurent dans les collections du Musée de la Photographie d'Anvers, du Musée de l'Élysée à Lausanne, de la New York Public Library, ainsi que dans les fondations Carrefour des Arts et Boghossian à Bruxelles.
Fasciné par l'alchimie du développement argentique et fin connaisseur de l'histoire industrielle de la photographie, Lucas Leffler explore la coexistence conflictuelle entre technologies argentiques et numériques. Formé à la Haute École Ilya Prigogine et à l'Académie royale des Beaux-Arts de Gand, il réinvente des procédés photographiques qui restituent à l'image sa matérialité perdue, créant des œuvres selon des techniques hybrides souvent impossibles à reproduire à l'identique. S'inscrivant à contre-courant d'une époque saturée d'images éphémères, il offre à Kodak une revanche spectaculaire.
IMPLOSION
Le 29 juin 2007, l'iPhone fait ses débuts. Le lendemain débute la destruction des usines Kodak à Rochester, redessinant l'histoire : le numérique triomphe, l'argentique s'effondre.
Ces œuvres recomposent sur un damier de 168 écrans d'iPhone une image extraite de vidéos amateurs des implosions. En chambre noire, Lucas Leffler imprime écran par écran au collodion humide sur verre—la plus ancienne technique argentique. Un fixage au flash UV scelle l'œuvre.
Paradoxe radical : l'iPhone devient surface sensible et tombeau technologique. Le numérique conserve la trace de l'analogique. Deux cents ans après son invention, l'argentique est toujours vivante.
REVO
En 2000, Kodak proclame sa transition numérique avec le slogan « What a nice day for a revolution ! » En 2007, ses usines historiques sont détruites par implosion. Des ouvriers filment et publient en ligne ces images de destruction.
Presque vingt ans plus tard, Lucas Leffler les ressuscite. Il copie ces archives et les ramène à la matière, à la trace pérenne. En choisissant le collodion humide—technique remontant à la naissance de la photographie au XIXe siècle—il agit comme alchimiste, transformant des pixels éphémères en empreintes indélébiles. L'usine détruite revit sous forme de fantôme argenté. La photographie renaît, non malgré sa mort annoncée, mais par elle.
BLEACHED MOMENT
« Clic-clac, merci ». Ainsi Kodak nous proposait-il en 1967 de figer les moments pour l'éternité. Mais la mémoire ne fonctionne pas ainsi.
À partir d'un accès inédit au fonds Kodak du musée Nicéphore Niépce, Lucas Leffler explore des négatifs couleur : images industrielles, vues d'usine, publicités des années 1960. Il les recadre, les imprime en tirage chromogène Kodak, puis les altère. Les couleurs s'adoucissent, certaines textures se patinent. Chaque modification rend l'image unique, comme l'est chaque mémoire. Bleached Moment confronte nos propres reconstructions du passé, où l'imperfection devient authentique.